Les réflexions de Paul: le contrôle

II – Le Contrôle

Au travers des cinq principes intrinsèques au judo, les principaux éléments de la pratique du judo sont le corps et les sensations que l’on utilise dans les différents exercices (uchi komi, kata, randori et shiai).C’est par une intensité permanente du hara que le corps s’anime. Tori et uke ont un rôle interchangeable dans lequel tori est “avant” uke. Ce dernier aspire à acquérir la maîtrise de la pratique en “recevant” afin de se retrouver à son tour tori. Tout ceci occasionne la recherche d’un contrôle des deux en permanence au travers des cinq principes que nous avons vu précédemment. En effet il n’y a que par le truchement des cinq principes que nous pouvons obtenir un contrôle efficient. 
Il y a une relation étroite entre la pensée et le hara. Une décision ne peut se prendre qu’en ayant une bonne position et une bonne attitude. Si le corps est ouvert il n’y a ni concentration d’énergie (hara) ni concentration de pensée. 
Quelque soit le mouvement de uke, l’action de tori est “avant”. Le contrôle ne revient pas à manipuler l’action de uke mais à la connaître. Cela relève de la sensation. Il faut savoir à tout moment où l’on se situe par rapport à l’autre. C’est une disponibilité constante. Etre “avant” signifie se mettre dans l’attitude de donner envie à l’autre de faire quelque chose. Le meilleur exemple pour illustrer ce propos est le sen no sen (attaque dans l’attaque). Ainsi  Tori sollicite uke à faire o soto gari, par exemple, donc à devenir à son tour tori, afin de lui reprendre ce rôle illusoire, en lui ravissant son o soto gariTori a donc un parfait contrôle sur uke
Il existe un contrôle debout par la sensation du kumi kata. Tandis qu’au sol sortir d’un osae komi (immobilisation) n’est pas se débarasser en s’échappant mais bien de contrôler après la sortie : en immobilisation, en faisant une clé de bras et/ou en étranglant. 
Avoir un bon kumi kata debout ou au sol, c’est prendre en “revenant” (voir le coup de patte du chat) efficacement afin de transmettre la mobilité.

“Ivre de vin le pas incertain, le jardinier qui divague entre ses salades envie l’assurance de l’épouvantail.” (in La cuisine de maître Keu de Jean-Michel Cornu)

Paul Perez