Les réflexions de Paul: le kiai ou l’attaque soudaine

III – Le Kiai ou l’attaque soudaine

Le kiai, cri venant du ventre et non de la gorge, aboutissant au débordement de vitalité concentrée, cri qui libère l’énergie interne. Ce terme composé de KI (ou Qi chez les chinois) qui désigne l’énergie interne, l’âme, l’esprit, la volonté et AI signifiant se rassembler, se réunir.

Un mouvement martial c’est la concentration de toute l’energie du pratiquant en un seul mouvement, une seule décision. Le kiai libère l’énergie qui quand l’attaque est certaine est encore une fois lié au principe de la décision. Les cinq principes agissent simultanément en libérant l’énergie et la vibration sonore qui est un aboutissement de l’efficacité dans l’attaque.

Le kiai se travaille au même titre qu’un mouvement de judo, il ne peut libérer l’énergie que si le mouvement est immédiat, il faut déjà être en pensée après l’action. Comme en quelque sorte de l’autre côté du mur. L’attitude qui convient est le corps avec le poids légèrement en avant, sur les orteils, l’épaisseur d’un papier à cigarette sous les talons, comme au bord d’un précipice.

En avançant sans opposition on dépasse l’instant. S’il n’y a pas d’opposition le kiai peut s’exprimer. Il permet de gagner en vitesse, en anticipation et en efficacité.

Le kiai est le prétexte d’une expiration brutale qui vous délivre de vous-même et vous oblige à agir vite jusqu’au bout, sans penser.

Par attaque soudaine, on entend un effort brusque, rapide, une détente musculaire, c’est une attaque qui s’accompagne toujours d’une explosion.

Pour cela il faut la libération du souffle lequel est intimement lié à l’attaque dans l’action décisive. Le kiai prolonge par l’expiration forcée l’attaque en lui transmettant fluidité et puissance. Le kiai est l’expression du hara. Pousser le kiai c’est rester en éveil, c’est agir sans préparation.

On peut assimiler au kiai le vrombissement du moteur d’une formule 1 qui par sa puissance fit traverser un mur au pilote automobile qui ne pouvait pas négocier son virage, le laissant indemne.

“On ne trouve la vie qu’à travers la conquête de la peur de la mort au plus profond de soi-même” dixit Togo Shigekata, samouraï (1560- 1643)

Pour finir je vous propose un exercice qui sans engager votre vie vous prouvera l’efficité du kiai :

Demandez à un ami de lâcher un bâton tenu à deux mains devant vous. Sans pousser le kiai vous ne pourriez le rattraper!

Paul Perez