Les réflexions de Paul: le grade en judo

I – Le Grade en judo

Concernant le grade, il ne faut pas confondre récompense, médaille, décoration, honneur et grade! Ce serait fausser l’échelle des valeurs. 
Le grade a été utilisé par Jigoro Kano dans le judo pour sanctionner la progression des pratiquants. Le grade ne sanctionne pas une valeur unique, ni des valeurs bien définies et restrictives, il sanctionne la pratique effective du judo. Lorqsue celle-ci est régulière, assidue et sérieuse, la valeur du pratiquant augmente.

Le garde ne se distingue donc pas par une valeur de kata, de randori, ou de test d’efficacité mais par la valeur générale de l’individu.
En effet, en dépit des barèmes mis en place, tout ne se passe pas selon un protocole bien réglé. Il est illogique que des judoka qui continuent à pratiquer, à progresser, à avoir une expérience meilleure du judo restent longtemps dans le même grade. On ne peut pas consigner noir sur blanc des barèmes avec des règles et les appliquer stricto sensu, car c’est une épreuve de consécration. Le grade n’est pas une récompense mais la constatation d’un niveau dans la pratique.

Lorsqu’on a atteint la valeur du grade supérieur, l’examen peut être une formalité pour justifier ce grade. Le comportement, l’attitude et la maîtrise donnent déjà une idée sur la valeur du judoka.
Les passages de grade devraient être plus ouverts plutôt que de comptabiliser ou classifier.
Le garde est d’autant plus important que l’on comprend la signification de ce qu’il sanctionne.
Il ne faut pas passer un grade comme pour essayer de la même manière que l’on va au spectcale. Car essayer c’est déjà trop tard (cf. la décision).
La valeur générale du grade englobe des qualités morales : courage, présence d’esprit, détermination, volonté, compréhension, intelligence.  Ainsi que des  qualités physiques : technique, agilité, réflexes, puissance. Le développement de ces facteurs doit permettre au pratiquant d’accéder au grade supérieur et engendrer l’efficacité.

Il est à noter que les kyus sont des niveaux de valeur débutant. Ils permettent de distinguer et saisir les étapes de progression vers le 1er dan. Les kyus ont essentiellenment un usage interne à chaque dojo et sont délivrés par le professeur.
Le Dan (degré, rang, grade) est attribué par des membres réunis en jury autre que le professeur.
Au Japon les Dans et les kyus ne sont pas des appellations exclusives aux seuls arts matriaux , ils sont utilisés dans d’autres disciplines. Ex: voie du thé, calligraphie, jeu de go.

Dans la méthode Kawaishi, on parle beaucoup des ceintures de couleurs qui seraient plus appropriées aux occidentaux, comme de certains mouvements plus adaptés à ceux-ci ayant des jambes plus longues et plus fragiles. Kawaishi se serait inspiré de ce type de graduation lors de son passage en Angleterre, où les ceintures de couleurs existaient déjà. Reste à savoir de qui s’est inspiré le Budokai de Londres. 
Toujours est-il que si Kawaishi n’avait pas été là, on ne connaîtrait pas les ceintures de couleurs.(Mikinosuke Kawaishi 1899-1969, judoka japonais, 10e dan, pionnier du judo en France.)


Paul Perez